Un hangar. Australie. Une salle individuelle. Appareils d’un jaune orangé. Murs aux briques apparentes et grises. Palettes de bois blanc entassées dans le fond. Musique discrète, presque effacée. Encore quelques répétitions pour les trapèzes à la machine à dorsaux. Son retour est pour bientôt. Et ce sera à Londres. Mr Universe NABBA ! C’est son choix. C’est son libre-arbitre. Les fans l’attendent. Et les détracteurs aussi. Ceux qui comme toujours - ils sont si prévisibles -,
critiquent sa taille ou bien ses tatouages. Mais comment ces bodybuilders qui connaissent la mise à l’écart, les railleries, l’index pointé, comment peuvent-ils lui reprocher sa différence ? Eux qui, par la démesure de leur musculature sculptée s’affranchissent de la norme, comment peuvent-ils à leur tour dénoncer son goût outrancier pour les dessins sous la peau ? C’est son choix, c’est son libre-arbitre. Son corps est la pierre dans laquelle il taille, son corps est la toile
sur laquelle il peint. Le galbe s’épanouit, les stries apparaissent, les veines affleurent sous l’encre noire, et il va leur montrer. A Londres il va tout leur montrer ! Encore quelques répétitions… Rédacteur au mensuel MDM, nouvelliste au bimestriel Muscle Show, chroniqueur BD au bimestriel Comic Box, un roman en cours. bernard dato